Episodes podcast Camp de Gurs

tableau Guernica de Picasso - citation sur le but de la peinture

Tous les épisodes du podcast sur le Camp de Gurs

Vous retrouverez ici tous les épisodes du podcast sur le Camp de Gurs avec des informations complémentaires comme des références historiques et littéraires.

sources sonores : enregistrements personnels, archives Mémorial Américain de la Shoah, archives du Département des Pyrénées-Atlantiques, archives INA, extraits du documentaire « Les camps du silence » de Bernard Mangiante, archives CIMADE

sources d’information des neuf épisodes du podcast sur le Camp de Gurs : l’ensemble des publications de Claude Laharie sur le Camp de Gurs, « Nous autres, réfugiés » d’Hanna Arendt, « Les oubliées » de Lilo Petersen

Episodes premier podcast du Camp de Gurs à Auschwitz - Pour ne pas perdre le fil de l'Histoire

ÉCOUTER POUR MIEUX VOIR

Premier épisode du podcast sur le Camp de Gurs

De la Guerre d’Espagne au Camp de Gurs

Diffusion du premier épisode du podcast « Du Camp de Gurs à Auschwitz » le 27 janvier, date symbolique. En effet, elle correspond à l’anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau. Cette journée de souvenir est l’occasion d’engager une réflexion sur la Shoah et les génocides et de rappeler les valeurs humanistes qui fondent la démocratie. C’est pourquoi le 27 janvier est la journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l’humanité.

Nous suivons le petit Emilio d’Alcaniz en Espagne à Oloron-Sainte-Marie, sous-préfecture des Pyrénées-Atlantiques. Fils de républicain espagnol, il fuit alors son pays avec sa famille lors de la Retirada. Il partage son expérience de la guerre, des camps d’internement et notamment celui de Gurs.

De 1936 à 1939, l’Espagne connaît une guerre civile opposant les nationalistes, menés par Franco, aux républicains. 

guernica Picasso citation "La peinture n'est pas faite pour décorer les appartements, c'est un instrument de guerre, offensif, et défensif contre l'ennemi.

La guerre d’Espagne est une guerre civile qui oppose le gouvernement espagnol à une insurrection nationaliste menée par le général Franco, du 17 juillet 1936 au 1ᵉʳ avril 1939. Après avoir connu une période de dictature, puis la mise en place de la Seconde République, l’Espagne a de graves troubles sociaux, économiques et politiques. En février 1936, le Front Populaire espagnol gagne les élections. Par conséquent, réaction des militaires, aidés par les monarchistes et l’extrême droite. Déterminés à renverser le gouvernement de gauche, les militaires tentent un coup d’État en juillet 1936, qui échoue.

Le camp républicain, constitué notamment de socialistes et de communistes, s’arme contre la menace fasciste que représentent les militaires. Débute alors la guerre civile espagnole opposant nationalistes et républicains. Les deux camps se livrent à des exactions. Les nationalistes, commandés par le général Franco, et soutenus par l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste, éliminent progressivement la résistance républicaine.

Les nationalistes remportent la guerre civile en 1939, entraînant la mise en place de la dictature franquiste, sanglante et impitoyable.   

C’est pourquoi les républicains et leurs familles fuient en France. La RETIRADA. 500 000 réfugiés arrivent à Port-Bou, le Perthus, Mollo et Puigcerda.

La Retirada - Les réfugiés espagnols à LE PERTHUS

Cependant, les autorités françaises ne s’attendent pas à un tel afflux de réfugiés. Elles sont inquiètes, mais au départ assez accueillantes. La population locale partage ce sentiment. Par conséquent, dans la tourmente, on installe des « centres d’accueil » à Argelès, à Prats-de-Mollo, à Bourg-Madame et à Saint-Cyprien. Mais, l’accueil n’est pas très accueillant. Pas de nourriture ou très peu. Des conditions d’hygiène déplorables. Vent fort et glacial, la fameuse tramontane.

Le gouvernement français met en place un plan d’accueil fin février. En effet, des camps d’accueil et d’hébergement sont créés dans le Sud de la France. Par exemple, le Camp de Gurs pour accueillir les réfugiés basques espagnols.

citation Louis Aragon Camp de Gurs - Gurs, une drôle de syllabe, comme un sanglot qui ne sort pas de la gorge.

Deuxième épisode du podcast sur le Camp de Gurs

Le Camp de Gurs à hauteur d’enfant

L’histoire de José de Sola, interné avec sa famille à Gurs et Rivesaltes. Dans ce deuxième épisode du podcast sur le Camp de Gurs, nous allons donc suivre le parcours de José, réfugié espagnol. Il a quitté en catastrophe son pays basque natal, il avait à peine cinq ans, puis Barcelone, la Retirada, les camps de Gurs et Rivesaltes, et enfin le Cantal.

Son parcours est semé d’embûches. Il est un des derniers survivants à avoir connu l’enfer des camps. C’est pourquoi son témoignage a une grande valeur. A 90 ans, il prend encore la peine de donner de son temps pour ne pas qu’on oublie ses frères de larmes.

Extrait poème d'Andrée Chedid, L'ESPERANCE - J'ai ancré l'espérance aux racines de la vie

Troisième épisode du podcast sur le Camp de Gurs

Pourquoi un Camp à Gurs ?

Dans ce troisième épisode, nous allons continuer à suivre le parcours de José, réfugié espagnol. Nous l’avons laissé dans le Cantal. La survie dans les camps, c’est du passé mais la guerre n’est pas terminée et la vie de réfugié n’est pas simple. Le danger rôde. Il nous livre aussi son point de vue sur l’actualité. Son témoignage est précieux. Les traumatismes subis enfant ne le quittent pas. C’est pourquoi à 90 ans, il donne encore de son temps pour ne pas qu’on oublie les atrocités et les absurdités de la guerre.

En première partie, l’explication sur le choix de Gurs pour installer « le centre d’accueil » destiné aux réfugiés espagnols. En effet, la décision ne fut pas facile et l’arrivée d’étrangers en masse dans la région n’était pas vue d’un bon oeil. 

Citation d'Antoine de Saint-Exupéry : la guerre n'est pas une aventure. La guerre est une maladie. Comme le typhus

Quatrième épisode du podcast sur le Camp de Gurs

Construction et administration du Camp de Gurs

Dans ce quatrième épisode, nous allons apprendre dans quelles conditions le Camp de Gurs est construit, qui l’administrait et qui gardait les internés. Nous allons ainsi écouter Arlette Dachary, d’origine bordelaise, qui est restée au Camp de Gurs, du 22 mars 1941 jusqu’à sa fermeture le 31 décembre 1945. Elle n’était donc pas internée mais elle était employée de bureau des Ponts et Chaussées.

En effet, à son arrivée, au printemps 1941, le quartier administratif était très animé. On y croisait alors les gardiens du camp en uniforme, quelques gardes mobiles, des inspecteurs en civil. D’anciens officiers et sous-officiers démobilisés à l’armistice avaient trouvé un emploi au camp. Et puis, il y avait le va-et-vient d’internés, ceux qui avaient un laisser-passer permanent car chefs d’îlot ou employés dans un service, et ceux qui étaient convoqués par la Direction ou divers services. 13 000 internés au printemps 1941, il y en avait eu jusqu’à 20000 du temps des républicains espagnols.

Construction du Camp de Gurs en 42 jours du 15 mars au 25 avril 1939

Cinquième épisode du podcast sur le Camp de Gurs

La population locale et le Camp de Gurs

Dans ce cinquième épisode, nous allons nous intéresser aux liens de la population locale avec le Camp de Gurs. Nous allons alors écouter Pierre Larribité, adolescent pendant la deuxième guerre mondiale. Il habitait à 300 mètres à vol d’oiseau  du Camp dans une maison en pierres où il est né, où il a toujours vécu jusqu’à sa disparition en 2011. 

Le 4 avril 1939, il a donc vu arriver le premier camion-benne chargé d’hommes fatigués, serrés comme des sardines. Les premiers réfugiés Espagnols. Le 30 juin 1940, il faisait le foin avec son père quand il a vu débarquer quarante camions de l’armée allemande. Ils venaient alors chercher des brigadistes internationaux et des juifs Allemands ou Autrichiens qui avaient fui leur pays. 

En octobre 1940, plus de 6000 juifs arrivent du Pays de Bade. L’hiver est rude, par conséquent les conditions de survie horribles. Les morts étaient annoncés par des vêtements à vendre. Le père de Pierre n’a jamais voulu en acheter. Puis, la période la plus sombre du camp qui devient la base de déportation des juifs. Pierre se souvient. Les convois partaient à l’aube. On disait qu’ils partaient vers d’autres camps, mais on ne savait pas où…

Le Camp de Gurs ferme le 31 décembre 1945. Très vite, on vend les baraques aux enchères et on y plante une forêt. Le silence de la nature hurle des vérités

Au début de l’année 1930, à cause du krach boursier de Wall Street et de la crise économique qui s’est diffusée en Europe, l’Allemagne est affaiblie. En septembre 1930, le NSDAP (Nationalsozialitische Deutsche Arbeiterpartei, parti nationaliste des travailleurs allemands) devient un des principaux partis politiques. En 1932, le NSDAP obtient entre 33 et 37% des voix aux élections législatives de juillet et de novembre. Hitler est alors nommé chancelier en janvier 1933. Ainsi, c’est parce qu’il a su faire coïncider sa soif de pouvoir avec les aspirations allemandes, dans un contexte de crise économique, sociale et politique grave, qu’il a réussi à prendre le pouvoir. En effet, c’est grâce à ses succès électoraux, et
non suite à un coup d’Etat, qu’il arrive à la tête de l’Allemagne.

HITLER, DICTATEUR

A partir de 1933 il met progressivement en place sa dictature personnelle et un régime totalitaire.
Hitler renforce la présence nazie à tous les niveaux de la société. Les premières mesures et actions antisémites apparaissent très rapidement. Au printemps 1933, les nazis organisent un boycott des magasins juifs, en septembre une loi exclut de la vie culturelle allemande les Juifs (mais aussi les Tsiganes…). En 1935, les lois raciales de Nuremberg sont établies et visent notamment à interdire les unions entre une personne juive et une personne dite « aryenne ».

La situation ne cessera d’empirer pour la communauté juive allemande dans les années suivantes.

Citation d'Hannah Arendt. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut se faire une opinion

ÉCOUTER POUR MIEUX VOIR

Sixième épisode du podcast sur le Camp de Gurs

Les « indésirables » au Camp de Gurs

Dans ce sixième épisode, nous allons nous intéresser aux « indésirables » du Camp de Gurs, les internés du printemps et de l’été 1940. Indésirable : personne dont on ne veut pas dans une communauté, personne exclue d’un groupe, mal vue, personne dont la présence n’est pas souhaitée. Le décret sur les « indésirables » visant au contrôle et à la surveillance des étrangers, est légalement voté par le Parlement français et promulgué en 1938. Le terme « indésirable » désigne les marginaux et les étrangers, dissidents, exilés ou réfugiés qui, pour des raisons politiques, idéologiques, et raciales, ont fui la répression franquiste et la terreur nazie. Nombre d’indésirables seront internés dans des camps de 1939 à 1945.

15 mai 1940  - Première Rafle du Vel d'Hiv. Près de 10 000 femmes internées
PREMIERE RAFLE DU VEL D’HIV 15 MAI 1940

Le gouvernement militaire français décide de rassembler les ressortissants des pays ennemis dans des stades à Paris. Le 15 mai 1940, c’est la première rafle du Vel d’Hiv. Ces milliers de femmes sont ensuite internées au Camp de Gurs. On rassemble les hommes dans un autre stade puis on les transfère au Camp de Saint Cyprien. Parmi ces femmes raflées, Hanna Arendt et Lilo Petersen.

« NOUS AUTRES, REFUGIES » D’HANNA ARENDT

Je lirai des passages de l’essai « Nous autres, réfugiés » de la philosophe allemande, paru pour la première fois en janvier 1943. Puis, nous écouterons un extrait d’une émission de 1974 où Hanna Arendt s’exprime sur le libéralisme et la liberté.

« LES OUBLIEES » DE LILO PETERSEN

Ensuite, je lirai des extraits du récit de Lilo Petersen, intitulé « Les Oubliées ». Elle fuit l’Allemagne nazie, toute jeune, à cause des activités militantes de sa mère. Nous suivons son parcours où la vie et la mort semblent danser une valse machiavélique. 

Mais tout d’abord, un prisonnier politique témoignera de ses conditions d’arrivée et de détention au Camp de Gurs. 

Tous ces internés ont un point commun : ils sont indésirables car suspectés de travailler pour l’ennemi.

Septième épisode du podcast sur le Camp de Gurs

La vie culturelle et humanitaire au Camp de Gurs

Dans ce septième épisode, nous allons nous intéresser à la vie culturelle et humanitaire au Camp de Gurs. Les deux se mêlent sans cesse. Le Camp de Gurs n’est pas un camp de travail, mais les conditions de vie deviendront au fil des années de plus en plus difficiles. Au début, les réfugiés espagnols et les membres des Brigades Internationales s’organisent. Ils sont jeunes et leur première préoccupation est d’améliorer leurs conditions d’hébergement. Ils bricolent comme ils peuvent et font aussi du sport, chantent, créent des objets décoratifs, même de splendides sculptures en terre argileuse, dont il ne reste que quelques photos souvenirs.

Puis, vient la période des « indésirables » et l’arrivée massive des Juifs du Pays de Bade. Les îlots sont surchargés, les cabanes n’étaient pas faites pour durer et sont sérieusement abîmées. Il y a des femmes, des hommes – plus agés – des enfants qui subissent des conditions de vie inhumaines. Le pasteur Cadier d’Oloron-Sainte-Marie et l’abbé Bordelongue de la paroisse de Gurs distribuent des denrées alimentaires mais cela n’est pas suffisant.

l'art pour guérir, l'art pour résister, l'art pour témoigner

Mais, heureusement, en décembre 1940, l’administration du Camp – dépassée par la situation – accepte l’aide d’abord du Secours Protestant, la Cimade, puis du Secours Suisse et du Secours Quaker Américain.

Le Comité Central d’Assistance se crée dans la foulée – sur une idée du rabbin René Kapel au cours d’une de ses visites au Camp. Au printemps 1941, les internés gèrent des cantines par îlot ravitaillées par la coopérative d’achats. En effet, les fonds viennent soit des internés, soit du Comité Central d’Assistance, soit des Comités d’assistance juifs, soit des oeuvres humanitaires installées au Camp. A cette période, l’OSE – Organisation de secours aux enfants – s’installe au Camp.

La vie culturelle et religieuse est intense. L’art et la vie spirituelle sont comme des fondations, des socles pour les internés déracinés, déshumanisés. On prie, on danse, on chante, on dessine, on joue de la musique. Pour surmonter la tristesse et le désespoir, pour sauver sa vie ou ce qu’il en reste. Pour sauvegarder le goût de vivre.

Huitième épisode du podcast sur le Camp de Gurs

Le Camp de Gurs, antichambre d’Auschwitz

Dans ce huitième épisode, nous allons nous intéresser aux moments les plus tragiques du Camp de Gurs, les déportations. Le maréchal Pétain promulgue le premier statut des Juifs dès le 3 octobre 1940. La propagande antisémite se déchaîne. De 1940 à 1943, 20 000 Juifs sont internés au Camp de Gurs. Déportés d’Allemagne, raflés en France, transférés depuis d’autres camps.

Fin octobre 1940, près de 7000 Juifs allemands du Pays de Bade, du Palatinat et de la Sarre sont déportés à Gurs. Parmi eux, Paul Niedermann, 13 ans. Son petit frère a la chance d’émigrer aux Etats-Unis. Ses grands-parents transférés au Camp de Noé y sont morts. Ses parents toujours internés à Gurs font partie d’une des six vagues de déportations vers Auschwitz. D’août 1942 à mars 1943. 3907 personnes déportées. Aucun survivant.

3907 déportés à Auschwitz - 2884 hommes et 1023 femmes - un silence de mort

Paul transféré au Camp de Rivesaltes, parvient à s’évader grâce à l’OSE, œuvre de secours aux enfants. Après un itinéraire clandestin de plus d’un an qui le fera transiter par la Colonie d’enfants d’Izieu, il atteint finalement la Suisse. Après la guerre, il décide de construire sa vie d’homme libre en France.

Il a déjà 60 ans lorsqu’il est cité en tant que témoin au procès de Klaus Barbie. Il aimait dire : « on ne construit rien sur la haine. Tant que je vivrai, ma voix s’élèvera contre l’injustice et l’oubli. Quand moi-même et ceux de ma génération ne seront plus là, ce sera votre tour ».

Neuvième épisode du podcast sur le Camp de Gurs

Le Camp de Gurs aujourd’hui

Dans ce neuvième et dernier épisode, nous allons nous intéresser au Camp de Gurs aujourd’hui. Le camp ferme définitivement le 31 décembre 1945. Très vite, on vend les baraques aux enchères et on y plante une forêt. Le silence de la nature hurle des vérités.

En 1959, Monsieur et Madame Chabrerie s’installent dans la région à leur retraite. Monsieur Chabrerie, ancien consul de France dans les Pays de Bade, entreprend des démarches pour financer la restauration et l’entretien du cimetière des déportés, laissé à l’abandon. Pour en faire un lieu de mémoire. Il réussit à sensibiliser le consistoire israélite et les élus du Pays de Bade. Le projet se concrétise par l’inauguration en 1963 du nouveau cimetière restauré.

De là germe l’idée d’un jumelage entre deux villes, l’une béarnaise et l’autre badoise. En 1965, alors que l’amitié franco-allemande balbutiait encore, 16 allemands arrivent pour un échange à Navarrenx. Ce jumelage existe toujours.

Jumelage franco-allemand Navarrenx Rheinstetten - une amitié de longue date - épisode 9 du podcast sur le Camp de Gurs

Fondée en 1980, l’Amicale du Camp de Gurs a vocation à regrouper tous les anciens internés, leurs familles, leurs amis et sympathisants. Elle organise entre autres des visites guidées du Camp, notamment pour les écoles. Les Ambassadeurs de la mémoire sont des lycéens du département porteurs de la mémoire du Camp de Gurs et pleinement engagés dans une démarche de réflexion et de transmission autour des valeurs démocratiques et républicaines.

Les frontières sont faites pour être traversées, les voyages pour changer de regard, l’Histoire pour ne pas être répétée.

ÉCOUTER POUR MIEUX VOIR